Le Nouveau modèle de développement, du qualitatif au quantitatif

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La CSNMD poursuit ses auditions en diversifiant de plus en plus la qualité de ses invités, même les défenseurs acharnés de l'ancien modèle ont eu droit à la parole. Pourquoi? Va voir. Elle a commencé aussi à faire des sorties sur le terrain ce qui n'est pas pour déplaire en terme de communication. Une fois ce travail terminé, il va falloir se résoudre à reconnaître que l'on ne va pas réinventer les sciences économiques ou élaborer de nouvelles approches du développement. 

Le diagnostic est établi et les remèdes sont pratiquement connus et je dirais heureusement partagés par la plupart.

Exercice inutile alors ? Du tout, les corps intermédiaires et certains hauts dirigeants de l'administration doivent vivre cet exercice comme un appel à une remise en question, à plus d'efforts et d'humilité intellectuelle. 

Le citoyen quant à lui ne peut qu'encourager cette réflexion collective sur son devenir et espérer une issue positive.

Le Maroc a besoin de plus de démocratie et une meilleure gouvernance, une économie performante destinée à améliorer la qualité de vie de l'ensemble des citoyens, une activité culturelle plus intense et faisant place à la diversité.

Ces trois sous ensembles : institutionnel, socio/économique et culturel, peuvent paraître aller de soi dans n'importe quel modèle et n'apporter rien de nouveau en termes de vision, sauf si on y ajoute des objectifs chiffrés et de la cohérence.

Aujourd'hui la totalité des sous ensembles indiqués ci dessus font l'objet d'indicateurs de performance. 

La démocratie a son indicateur calculé par The Economist Group, la bonne gouvernance se jauge à partir de plusieurs composantes imbriquées : lutte contre la corruption, reddition des comptes, gestion optimale des ressources financières disponibles, formation des ressources humaines dans l'administration, transparence des décisions, rang dans le Doing Business...

Le sous ensemble économie et qualité de vie dispose des indicateurs qui sont connus : taux de croissance économique, indice de développement humain, niveau d'inégalités au sein de la population (Gini), qualité de l'enseignement (PISA)...

L'activité culturelle se jauge aussi en fonction de la production artistique, le nombre de livres édités, la maîtrise des NTIC, la place des différents idiomes...

Bref on a les moyens aujourd'hui de chiffrer nos ambitions.

Dire que la clé de voûte de la réussite d'un Modèle de développement est la démocratie et la bonne gouvernance sans expliciter quel niveau de démocratie et de bonne gouvernance en indices, c'est demeurer dans les généralités. Idem pour le taux de croissance économique, la création d'emplois, la couverture sanitaire, la qualité de l’enseignement, l'habitat salubre, les loisirs et activités culturelle.

La mission des partis politiques dans le futur au Maroc sera de s'engager à assurer le meilleur développement possible, tenant compte de nos moyens. La culture du "y a qu'à", "on fera de notre mieux" et" le lendemain sera meilleur" doit être bannie au profit d'engagements chiffrés réalistes et volontaristes. 

Tout en laissant la place à une partie de rêve. Nous sommes des êtres humains.