5G: quels risques pour la santé?

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Manifestation contre la 5G, le 25 janvier 2020 à Turin, en Italie

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La 5G est-elle dangereuse pour la santé ? La question monte, et les inquiétudes aussi, au fur et à mesure du déploiement de cette nouvelle technologie de téléphonie mobile. Le point sur ce qu'en dit la science. 

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Evolution de la vitesse et des caractéristiques des différentes générations de réseaux mobiles

La 5G, c'est quoi ?

Bouleversement majeur dans l'industrie des télécoms, cette technologie offrira un débit beaucoup plus élevé que la 4G actuelle, avec un accès plus rapide aux contenus et la possibilité de faire circuler des milliards de données sans engorgement.

La 5G permettra à toutes sortes d'équipements électroniques d'être connectés entre eux, ce qui rendra possibles des applications futuristes : voitures autonomes, usines automatisées, chirurgie à distance, robots "intelligents"...

Pour augmenter le volume de données, la 5G utilisera une bande de fréquences plus haute que la téléphonie mobile actuelle : à partir de 3,5 gigahertz (GHz) d'abord puis, à terme, au-dessus de 26 GHz.

Mais plus la fréquence est haute, plus la portée des ondes est courte. C'est pourquoi le déploiement de la 5G nécessitera d'augmenter le nombre d'antennes, une perspective qui inquiète certaines ONG.

Radiofréquences et santé : que dit la science ?

Téléphones portables mais aussi télévision, radio ou wi-fi: les sources d'exposition aux radiofréquences sont nombreuses, ce qui provoque "des craintes", comme le reconnaît l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Malgré de nombreuses recherches, rien n'indique pour l'instant que l'exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé humaine", souligne l'OMS.

Cette absence d'effet avéré à court terme vaut "pour les différentes sources d'expositions, les téléphones mobiles étant parmi les plus présentes en nombre et en intensité", avait expliqué à l'AFP Olivier Merckel, expert de l'agence de sécurité sanitaire Anses, avant le démarrage en janvier dernier de l'expertise qu'elle mène sur la 5G. 

Néanmoins, certaines études évoquent "une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables", rappelle l'Anses, qui a publié en 2013 une évaluation des risques liés aux radiofréquences.

C'est pourquoi le Circ, l'agence de l'OMS spécialisée dans le cancer, a classé en 2011 les radiofréquences comme "peut-être cancérogènes pour l'homme", en recommandant les kits mains libres pour les portables.

Par ailleurs, dans un rapport de 2016, l'Anses a estimé que les ondes des portables, tablettes ou jouets connectés pouvaient avoir des effets sur les fonctions cognitives - mémoire, attention, coordination - des enfants. Elle a recommandé de limiter leur exposition.

Effets biologiques ou sanitaires ?

"Le principal effet biologique des champs électromagnétiques de radiofréquence est de nature thermique", c'est-à-dire l'augmentation de la température des zones exposées, selon l'OMS.

C'est le principe des fours micro-ondes, et c'est pourquoi des seuils de puissance sont imposés aux portables.

Par ailleurs, "des études ont montré l'existence d'effets biologiques sur certains paramètres très spécifiques, comme le sommeil ou la tension", selon M. Merckel.

Mais, et ce point est important, effet biologique ne veut pas forcément dire effet sanitaire, c'est-à-dire danger pour la santé. Une distinction difficile à saisir pour le grand public. 

Des effets biologiques sont le signe que l'organisme s'adapte aux variations de son environnement. Par exemple, l'effort physique fait monter la température du corps, ce qui est une réaction physiologique normale et réversible.

Toute la question est de savoir si l'accumulation d'effets biologiques dépasse la capacité d'adaptation de notre corps, ce qui peut alors avoir des conséquences sur la santé. 

Des questions spécifiques à la 5G ?

C'est l'objet de l'expertise que mène actuellement l'Anses et dont on attend les résultats au premier trimestre 2021.

Dans sa feuille de route, l'agence a relevé "un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires" dans les bandes de fréquences concernées.

Ses experts vont travailler de façon distincte sur les deux types de fréquences utilisées par la 5G, car ils ne soulèvent pas les mêmes interrogations.

Les bandes de fréquence grâce auxquelles on commence à déployer la 5G, autour de 3,5 GHz, "sont proches de celles utilisées actuellement pour la 4G ou le wi-fi", selon M. Merckel. 

Cela ne change donc pas radicalement les questions que se pose la science, même si, selon l'Anses, "la spécificité des signaux 5G (modulation, puissance) pourrait influencer les niveaux d'exposition".

En revanche, la donne est différente pour les fréquences qui seront utilisées ensuite, à partir de 26 GHz (c'est ce qu'on appelle la "5G millimétrique").

"A partir de 10 GHz, l'énergie électromagnétique ne pénètre pratiquement plus dans le corps mais est concentrée au niveau de la peau: ça pose des questions différentes en matière d'effets potentiels sur la santé", selon M. Merckel.

"Les données de la recherche sur les fréquences les plus élevées, entre 20 et 60 GHz, sont encore peu nombreuses", a souligné l'Anses dans sa feuille de route.

En 2012, elle a évalué les risques de scanners corporels utilisés dans les aéroports, qui fonctionnent également avec des ondes millimétriques. Conclusion : "ce type de scanner ne présenterait pas de risque pour la santé".

Mais si les ondes sont de même type, l'usage est différent : avec la 5G, l'exposition du public sera beaucoup plus large.

Une société qui va trop vite ?

Au-delà de la question des ondes, les ONG opposées à la 5G craignent qu'elle nous fasse basculer dans un monde hors de contrôle : une société où tout ira trop vite et où les gens seront toujours plus connectés, les yeux plus que jamais rivés sur les écrans.

Cette question, celle de l'impact sociétal de ces technologies, est également au programme de l'Anses, dans une autre étude qui prendra au moins deux ans. 

Elle ne portera pas spécifiquement sur la 5G et n'abordera pas la question du rayonnement, mais traitera des effets de l'exposition au numérique sur la santé au sens large: bien-être, santé mentale, obésité, etc.

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