L’appel à un 5ème mandat de Bouteflika, un motif de révolte ?

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Dans un article publié dans le Matin d’Algérie, ce dimanche 8 avril et signé Hebib Khalil, l’auteur dénonce, sans mâcher ses mots, la possibilité pour le président algérien de se présenter pour un 5ème mandat

Hebib Khalil estime que l’appel du FLN au président Bouteflika à briguer un nouveau mandat est un « flagrant appel au meurtre, contre l’espoir de tout un peuple et d’une jeunesse désemparée ».

Pour le journaliste, ceci est un appel lancé à une continuité qui sévit depuis dix neuf ans. Une continuité, écrit-il, de la « dilapidation des richesses, de la clochardisation de la société, des scandales financiers, de l’exil de milliers de femmes et d’hommes, de la médiocrité de l’école, de la corruption institutionnelle », entre autres maux.

Dans son article, le journaliste s’adresse également à la population qui attend une « justice divine » ou qui espère que les choses changeront en martelant : « rien d’essentiel ne se donne dans la vie et surtout pas le pouvoir ». Et de poursuivre : « la liberté, la justice, le bonheur, sont des idéaux à poursuivre comme un rêve d’enfant. […] Si pour l’homme l’oisiveté est la mère de tous les vices, la capitulation est sûrement celle de ses malheurs ».

Il a ainsi appelé les Algériens à poursuivre leur quête de liberté absolue, rappelant que l’ « histoire n’a jamais rapporté la repentance d’un quelconque tyran, pris de soudains remords qui, dans une magnanime grâce, décide d’ôter son costume de César ».

Le journaliste, qui  ne mâche pas ses mots, poursuit en affirmant : « dans ce pays meurtri, livré à lui-même, au pillage organisé, et à l’insatiable boulimie des hommes, incapable d’assurer ne serait-ce une vie digne ou le simple espoir à ses enfants, le pouvoir actuel, en appelant à un cinquième mandat, se livre à un véritable jeu de la mort ».

Il estime que « se révolter contre sa condition, chacun dans son coin, ne fait que tourmenter le révolté lui-même. Il suggère ainsi de « dire non, ensemble, au même moment, contre la même injustice, pour un but commun, pour le retour des valeurs communes, de droiture, d’honnêteté et de courage, qui ont fait le renom et le socle de notre nation ».

Le journaliste écrit : « le chantage auquel nous soumettent le gouvernement et le clan au pouvoir qui veut qu’après eux c'est le déluge, ou que sans eux adviendra l’errance et l’apocalypse, est en lui-même un sérieux motif de révolte ».

Mais pour lui, ce qui est véritablement un appel à la révolte, c’est cet appel à un cinquième mandat, car, souligne-t-il, « nul Algérien libre, ne peut accepter cette humiliante marque de mépris ». D’ailleurs, l’avocat et homme politique algérien, Mokrane Ait Larbi, avait déclaré il y a de cela un an que « le fait d’envisager un cinquième mandat est une provocation ».

Et Khalil de conclure son article en citant Ould Abbes qui expliquait à un journaliste que Cherif Messaadia lui avait confié : « tu sais pourquoi ils nous haïssent tant ? C’est parce qu’ils ne peuvent rien contre nous. Ils ne peuvent pas nous déloger. On les a vaincus ». « Il parlait de l’opposition, des honnêtes gens, de vous, de nous tous », souligne Hebib Khalil.