Portugal: L'extrême droite pour la première fois à l'Assemblée de la république

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Lisbonne - L'extrême droite au Portugal, représentée par le Parti "Chega", a fait son entrée à l'Assemblée de la république (Parlement), pour la première fois, sous l'ère de la démocratie.

Le Portugal cesse donc de faire partie des pays de l'Union européenne (UE) sans extrême droite au parlement, après l'élection du président de "Chega", André Ventura, lors des élections législatives du mois d'octobre dernier.

Le député anti-système André Ventura, un commentateur à la télévision, a été élu quoiqu'il ne compte à son actif qu'une courte carrière politique, lorsqu'il était conseiller municipal.

Au total, Chega (droite populiste), qui se définit comme parti conservateur, a recueilli 1,3% des voix (1 député), soit 66.442 à travers tout le pays, dont 22.000 dans le district de Lisbonne.

Depuis l'annonce des résultats du scrutin législatif, le président du parti s'est dit se placer dans l'opposition, car, de son avis, c'est pour cette raison que les Portugais ont voté pour lui.

Plusieurs formations politiques ont fait état de leur grande inquiétude face à la montée de la vague populiste qui n'avait pas droit de cité dans ce pays.

L'entrée de la droite au parlement portugais constitue un sérieux avertissement, selon plusieurs partis, car le Portugal était à l'abri jusque-là de la vague xénophobe qui prolifère dans plusieurs pays à l'étranger.

Cette politique extrémiste qui divise, exclut et crée la discorde, doit être fermement combattue en démocratie, par le biais de politiques progressistes, d'une opinion publique éclairée et d’un rapprochement des citoyens de la politique, estiment-ils.

Face à la montée du populisme dans nombre de pays en Europe, le Portugal, conduit par un gouvernement socialiste, faisait figure d'exception jusque-là.

Les populistes, dont le discours politique s'adresse aux classes populaires, fondé sur la critique du système, de ses représentants et des élites, en exploitant toute éventuelle crise financière, n'existaient guère au Portugal.

Vouloir parler au nom du peuple, lutter contre les élites, faire appel à la mécanique du complot et du bouc émissaire, tels sont les dénominateurs communs au populisme émergent actuellement au sein de l'Europe.

Autrement dit, la brutalité des discours politiques nourrit l'idéologie des populistes, se résumant par le rejet de l'étranger et la haine des catégories sociales aisées.

Les partis d'extrême droite sont très hétérogènes: populistes, nationalistes, ultra-conservateurs. Ils se sont développés dans les pays de l'Union européenne du fait de la crise économique, des migrations, du discrédit politique et de la méfiance à l'égard des institutions.

Seuls ou en coalition, les partis d'extrême droite ont non seulement rejoint la grande majorité des parlements nationaux, mais ont également réussi à prendre le pouvoir dans plusieurs pays européens.

Cette poussée populiste, issue de mouvements de l’extrême droite se nourrit d’une haine de l’Europe libérale, de ses élites globalisées, de son impuissance face au chômage, à l’appauvrissement des citoyens et à la crise migratoire.

L'extrême droite européenne est déjà présente dans presque tous les parlements nationaux des États membres de l'UE, à l'exception de quelques pays qui se comptent sur le bout des doigts.

Le Parti socialiste (PS) au pouvoir avait remporté les élections législatives au Portugal du 6 octobre dernier avec 36,34% des voix et 108 sièges sur les 230 que compte le Parlement, sans majorité absolue.

Le Parti social-démocrate (centre droit), principal parti de l'opposition, était arrivé deuxième avec 27,76% des voix et 79 sièges.

Le nouvel exécutif dirigé par le socialiste Antonio Costa est celui qui compte le plus grand nombre de membres depuis 1976, soit 70 au total, à savoir le Premier ministre, 19 ministres et 50 secrétaires d'État.

*MAP