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La Huppe et les Douze Oiseaux : quand le soufisme éclaire les rêves d’enfance à Sidi Moumen
Inspirée de La Conférence des Oiseaux du maître soufi Farid al-Din ‘Attar, cette œuvre propose aux enfants de 3 à 6 ans un premier voyage intérieur, guidé par une huppe visionnaire et douze oiseaux symbolisant les épreuves de la quête de soi
À Sidi Moumen, quartier souvent réduit à ses stigmates, une comédie musicale d’un autre souffle va voir le jour. Inspirée d’un conte soufi et portée par l’ONG Oum El Ghaït, La Huppe et les Douze Oiseaux incarne un projet éducatif et artistique rare, où les tout-petits prennent leur envol entre imaginaire, patrimoine et éveil à soi. Une fleur de lumière dans les fissures de la ville.
Un conte d’oiseaux pour éveiller les âmes
Les 2 et 3 juin 2025, la scène du Centre Ghali Berrada de la Fondation Oum Keltoum vibrera au rythme d’un chœur d’enfants pas comme les autres. Au cœur du Festival Sidi Moumen de l’Enfance Préscolaire « Boudour wa Joussour », la comédie musical viendra donner corps à un rêve d’éducation poétique et populaire. Un conte revisité, une enfance écoutée, une dignité semée.

Conférence de presse du mardi 20 mai.
Inspirée de La Conférence des Oiseaux du maître soufi Farid al-Din ‘Attar, cette œuvre propose aux enfants de 3 à 6 ans un premier voyage intérieur, guidé par une huppe visionnaire et douze oiseaux symbolisant les épreuves de la quête de soi. À travers ce projet pionnier, Oum El Ghaït et Par-Chemins Concepts entendent poser les bases d’un nouveau modèle éducatif ancré dans la culture et la sensibilité. Un éveil à la paix, à la pluralité, à l’écoute et à l’altérité, pensé à hauteur d’enfant mais avec l’ambition des grandes idées.
Un chemin d’art et de sens
Derrière ce spectacle, plus qu’un récit, c’est un long chemin de création partagée qui s’est ouvert depuis octobre 2024. Dans les ruelles du quartier Sidi Moumen, des ateliers se sont tenus semaine après semaine : théâtre, arts plastiques, chant, jeu de rôle, expression corporelle… autant de langages offerts aux enfants pour explorer leur monde intérieur, construire une parole, affirmer une présence.
Accompagnés d’artistes, d’éducateurs et de psychopédagogues, les enfants ont modelé leurs personnages, leurs décors, leurs chants – autant d’éléments qu’ils retrouveront sur scène. Un travail de fond où l’art n’est pas divertissement mais levier de confiance, de solidarité, de croissance.
Une scène, des talents, une vision
La mise en scène est signée Layla Skali Lami, entourée d’une constellation d’artistes engagés : Amal Ayouch, Ismail Alaoui, Sophia Hadi, Abdelkader Ghait… mais aussi des pédagogues comme Driss Skali, Leila Slaoui et Hayet Erghouni, tous mobilisés autour d’une conviction : l’enfant a droit à la beauté, même et surtout lorsqu’il vit à la marge.
Sur scène, les enfants incarneront eux-mêmes les oiseaux du conte. Une première pour beaucoup d’entre eux, mais une évidence dans la logique d’un projet qui place l’enfant au centre : non pas spectateur, mais acteur de son propre récit. À travers leurs voix, leurs gestes, c’est un monde de possibles qui s’exprime, celui que l’éducation ne devrait jamais cesser de promettre.
Graines de beauté dans les failles du béton
La Huppe et les Douze Oiseaux n’est pas qu’un spectacle. C’est une réponse douce mais ferme à l’oubli culturel. C’est une manière de dire que l’imaginaire, la transmission, le symbolique peuvent germer même là où le béton étouffe. Que l’art est aussi affaire de justice.
« Ce projet est une semence », résume Amal El Kadiri Berrada, présidente de l’ONG Oum El Ghaït. « Il s’appelle Boudour wa Joussour – Graines et Liens – parce que nous croyons que planter des graines de beauté, de sens et de lien dès l’enfance, c’est préparer des adultes plus ouverts, plus enracinés et plus libres. »
Au-delà de l’événement, ce projet trace peut-être les contours d’un nouveau modèle d’éducation préscolaire au Maroc : enraciné dans le territoire, nourri de culture, orienté vers l’autonomie. Une utopie en acte.