Retour du Maroc à l’UA: Alger est sonnée

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Que dit, aujourd’hui, l’Algérie au Monde ? De quoi est-elle le nom ? Quel est son message structurant dans un monde multipolaire subissant le défi du terrorisme, de la fragilité de la paix, de la nécessité impérieuse du développement durable, de la transition énergétique ou de la question écologique ? Sur tous ces sujets, c’est le silence absolu ! Des mornes plaines, des tristes étendues désertiques ou des tristes cités livrées à la voracité des rapaces, aucune lueur d’espoir n'apparaît

Le retour du Maroc à l’UA est un tournant décisif pour le régime algérien. Pas seulement dans le domaine diplomatique ou celui de sa politique du voisinage. C’est surtout dans sa politique intérieure que les fortes répliques du séisme d’Addis-Abeba se feront durement sentir. 

Le front intérieur anti-marocain, laborieusement maintenu, et dont le moteur principal est l’affaire du Sahara marocain, ne peut plus tenir longtemps après la défaite d’Addis-Abeba. D’autres dossiers plus urgents, et plus vitaux, sont posés au peuple algérien. 

Le premier dossier, qui engage tous les autres, est celui la succession de Abdelaziz Bouteflika. Une guerre des clans est en cours avec une violence inouïe pour savoir lequel de ces clans va faire une OPA sur l’Algérie pour les prochaine années. 

L’affaire du Sahara marocain sert de marqueur principal dans cette lutte intestine d’un régime militaire qui se délite tantôt pour pousser l’autre à une surenchère «patriotique» contre l’ennemi marocain l’accusant d’abandonner les idéaux de la révolution, tantôt pour forcer à l’union des forces qui se divisent sous la pression violentes des intérêts contradictoires à l’approche de l’heure de vérité.

La défaite d’Addis-Abeba pose d’abord la question du bilan de ce naufrage. L’autopsie de cette déroute. Une définition précises des responsabilités y compris sur le plan historique. Voilà 33 ans que l’Algérie avec son allié Sud-Africain contrôle cette institution face à un espace vacant laissé par les Marocains. 

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Qu’ont-ils fait de cet avantage stratégique ? Quel usage ont-ils fait de cette saignée budgétaire qui a ruiné les caisses de l’Etat sans que cette politique n’apporte aucun bienfait ou réalisation majeure au peuple algérien ? 

Le Maroc est toujours dans ses terres, en son Sahara, qu’il administre en toute souveraineté. Et la RASD, la lubie originelle du pouvoir algérien, n’est reconnue par aucune organisation internationale, ni l’ONU, ni l’UE, ni la Ligue Arabe, ni l’OCI etc. Seul le jeu inutile, à somme nulle, de reconnaissance-déreconnaissance perdure avec parfois des prises de position des uns ou des autres qui frisent le ridicule d’une girouette livrée à des vents contraires. 

La communauté internationale est lassée, et souvent agacée, par la violence de la diplomatie algérienne mono-thématique, univoque et uniforme bloquée automatiquement depuis des décennies sur une seule affaire, un seul sujet dont l’objectif principal est d’antagoniser son supposé rival, le Maroc. 

Que dit, aujourd’hui, l’Algérie au Monde ? De quoi est-elle le nom ? Quel est son message structurant dans un monde multipolaire subissant le défi du terrorisme, de la fragilité de la paix, de la nécessité impérieuse du développement durable, de la transition énergétique ou de la question écologique ? 

Sur tous ces sujets, c’est le silence absolu ! Des mornes plaines, des tristes étendues désertiques ou des tristes cités livrées à la voracité des rapaces, aucune lueur d’espoir n'apparaît. 

A l’évidence l’Algérie d’aujourd’hui a besoin de sortir de ce superbe isolement mortifère dans lequel les généraux l’ont cadenassé. Elle ne peut pas y arriver avec les dirigeants actuels, comme elle ne peut pas y arriver avec le «système» tel qu’il fonctionne, ou qu’il ne fonctionne pas, actuellement. C’est un fait indiscutable. Il est patent qu’en Algérie l’affaire du Sahara Marocain ne peut plus être, désormais, un vecteur de politique interne susceptible de mobiliser socialement. Tous les ressorts sont cassés. 

Ce conflit, artificiel dès sa naissance, n’est pas une cause nationale pour l’opinion publique algérienne. Aucune identification n’a pu être implémentée malgré la mobilisation du service public d’information, des radios, des TV, des sites et des journaux. 

Cette affaire tire plutôt ces médias vers le bas et la médiocrité. Elle éloigne toute perspective d’autonomie ou d’indépendance, et les range parmi les outils les plus caricaturaux et les plus odieux de la propagande.  

Le seul point dans lequel un acquit peut être enregistré par ces médias c’est la banalisation depuis 30 ans d’un discours haineux anti-marocain construit sur des thématiques récurrentes comme la drogue, la contrebande, le terrorisme et la question des frontières etc. Mais cela ne règle pas pour autant la question. Et sur le fond, il ne réussit pas à transformer véritablement dans la tête des gens honnêtes le Marocain en ennemi.   

Par ailleurs, aucun jeune Algérien n’est prêt à mourir pour une cause qui lui est étrangère. La saignée budgétaire au profit de la RASD, gérée par les généraux corrompus, en ces temps d’argent difficile, est de plus en plus réfutée par l’opinion alors que la crise économique prend une tournure insupportable. 

Il est évident que l'affaire du Sahara du marocain s’est démonétisée, depuis le naufrage d’Addis-Abeba et le retour du Royaume du Maroc, et des dommages collatéraux  ont impacté la situation politique intérieure. 

Cette affaire ne peut plus cacher les manquements et les défaillances de ceux qui gèrent l’Algérie. Ni, non plus, retarder davantage  l’agenda des réformes vitales pour ce pays. C'est vraiment jouer avec le feu que d'entretenir pour nuire au voisin un mouvement séparatiste au risque de voir ce concept se baliser alors que l'Algérie elle-même subit des forces régionales "centripètes" qui risquent à terme, si elle ne se ressaisit pas, de la disloquer ! 

Qui à Alger pense que le statu quo peut aujourd’hui perdurer sur le plan politique ? Celui qui pense cela se trompe lourdement et il sera un jour balayé par les vents de l’Histoire ! La carte anti-marocaine, avec son faux nez du Polisario déguisé en RASD, ne peut plus sérieusement impacter l’agenda politique algérien. Il faut aller de l'avant et avoir le courage d'aborder les vraies questions: la transition démocratique, la nature civil du pouvoir et de l'Etat, la diversification de l'économie, le modèle économique et social en tournant le dos à l'économie de rente, l'émergence d'une société civile autonome, la transparence électorale et la neutralité de l'administration, la normalisation de la vie politique avec des partis maîtres de leur destin etc. 

Il y a, en effet, urgence et les tenants de ce jeu du statu quo savent désormais que tout retard dans les vrais réformes, tous azimuts et multiformes, qui attendent ce pays est une atteinte réelle et concrète à la souveraineté nationale de l’Algérie.