L'Académie française veut l’application de la loi pour protéger le français du ''franglais''

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L’Académie française est "gravement préoccupée" par le développement du "franglais" et a demandé jeudi aux pouvoirs publics de mieux respecter la loi Toubon de 1994 sur la défense du français.

"L'Académie française n’a jamais été hostile à l’introduction et à l’usage de termes étrangers. Mais aujourd’hui elle se montre gravement préoccupée par le développement du franglais", a indiqué l'institution dans un communiqué.

"Les violations répétées de la loi Toubon, qui a posé les règles de l’emploi du français dans la sphère publique, dénaturent notre langue, autant par l’invasion des termes anglo-saxons que par la détérioration qu’ils entraînent de sa syntaxe", déplore l'Académie.

"Fidèle à la mission qui lui a été confiée de veiller sur la langue française et de la défendre, l’Académie alerte solennellement les pouvoirs publics et les invite en premier lieu à respecter eux-mêmes la loi", a souligné l'Académie. "Si ceux-ci ne réagissent pas vigoureusement, si l’opinion ne prend pas la mesure du danger qui le menace, le français cessera d’être la langue vivante et populaire que nous aimons", a-t-elle mis en garde.

Dernière femme accueillie à l'Académie française, la philologue Barbara Cassin avait profité de son discours inaugural sous la Coupole pour fustiger en octobre pour fustiger le "global English" et plaider pour le plurilinguisme.

"Nous voulons contribuer à fabriquer une Europe résistante, qui refuse de s’en tenir à cette non-langue de pure communication qu’est le global English", avait déclaré l'académicienne. "Nous refusons que nos langues, celles que nous parlons, le français, l’anglais lui-même (celui de Shakespeare, d’Emily Dickinson ou de Churchill), deviennent de simples dialectes, à parler chez soi", avait-elle ajouté.