CEDEAO : 1 milliard de dollars US pour la lutte contre le terrorisme

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La Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la (CEDEAO), réunie en session extraordinaire samedi à Ouagadougou, a décidé de mobiliser un milliard de dollars américains, tout en invitant le Tchad et la Mauritanie à se joindre aux initiatives de financement de la CEDEAO en vue d’actions opérationnelles conjointes, souligne le communiqué final de ce conclave.

Sur la base des décisions prises lors de cette session extraordinaire, indique le document, la Conférence instruit le Président de la Commission de la CEDEAO à finaliser, dans les meilleurs délais, le Plan d’actions prioritaires 2020 – 2024 pour éradiquer le terrorisme dans la région, lequel plan servira d’outil de mobilisation des ressources financières nécessaires.

Le Plan d’actions, son budget et son calendrier d’exécution finalisés doivent être soumis à la Conférence pour adoption lors de sa prochaine session ordinaire prévue le 21 décembre 2019 à Abuja, République Fédérale du Nigéria, ajoute la même source. 

Elle a instruit, à cet effet, la Commission à organiser, une fois le Plan d’actions adopté, une rencontre avec les partenaires afin de "mobiliser les ressources additionnelles comme mesure complémentaire là où cela est nécessaire ou désirable", demandant à la Commission de la CEDEAO de travailler avec l’Union Africaine afin d’engager un dialogue avec la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International afin de les amener à considérer les dépenses effectuées au titre de la sécurité comme un investissement en faveur du développement.

La Conférence a lancé, à cet égard, un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour accompagner, par un appui technique et financier, la mise en œuvre des décisions prises, appelant notamment les Nations Unies à contribuer, par la mobilisation des ressources conséquentes, au financement de la lutte contre le terrorisme dans la région.

Saluant la nouvelle initiative de partenariat pour la stabilité et la sécurité au Sahel lancé lors du Sommet du G7 tenu du 24 au 26 août dernier à Biarritz en France, la Conférence dit attendre les modalités de mise en œuvre de cette initiative qui devrait renforcer les efforts pour la sécurité et la stabilité au Sahel.

Appel à Ouagadougou au renforcement des actions menées par la Force du G5

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Par ailleurs la Conférence des Chefs d'État de la CEDEAO a réitéré son appel à renforcer les actions menées par la Force Conjointe du G5 Sahel afin de faire face au phénomène terroriste.

Décidant d’adopter un plan d’actions prioritaires sur la période 2020 – 2024, la Conférence a réaffirmé dans ce sens son appel à renforcer les actions menées par l’Opération Barkhane, la Force Multinationale Mixte du Bassin du Lac Tchad, la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali), ainsi que l’Initiative d’Accra et à renforcer la coordination opérationnelle entre ces Forces et initiatives, selon le communiqué final de cette rencontre, tenue samedi à Ouagadougou. 

En outre, poursuit la même source, la Conférence a lancé un appel au Conseil de Sécurité des Nations Unies afin de doter la MINUSMA d’un mandat plus robuste lui permettant de lutter de manière plus efficace contre le terrorisme, approuvant, dans ce contexte, le principe d’une implication de la Force en Attente de la CEDEAO dans la lutte contre le terrorisme. 

Elle a, de surcroît, demandé aux ministres en charge de la défense et de la sécurité d’étudier les modalités pratiques de cette implication, tout en encourageant la Commission de la CEDEAO à continuer le processus d’opérationnalisation du dépôt logistique de la CEDEAO à Lungi, en République de Sierra Leone. 

Les Etats membres se sont engagés également à partager directement les informations et renseignements au niveau interétatique, en assurant notamment la coordination, au niveau national, des services étatiques impliqués dans la lutte contre le terrorisme, la numérisation des données criminelles, judiciaires et administratives et la création de systèmes automatisés d’identification des empreintes digitales. 

Aussi, les Etats membres se sont-ils engagés à mettre en place un système sécurisé permettant le partage d’informations et l’accès réciproque à leurs bases de données biométriques criminelles suivant des procédures agréées.

Nécessité d’assurer le leadership de la lutte contre le terrorisme dans la région


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La Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO a  égalemnt affirmé l’impérieuse nécessité pour ce groupement d’assurer le leadership de la lutte contre le terrorisme dans la région et de coordonner les multiples initiatives multinationales de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.

La Conférence a réaffirmé également le principe du respect de l’intangibilité et de l’intégrité territoriale des Etats, conformément aux fondements de l’Union Africaine, tout en lançant un appel à tous les Etats de ne pas accepter que les terroristes utilisent leur territoire comme sanctuaire ou base de repli, peut-on lire dans le communiqué final qui a sanctionné les travaux de cette rencontre.

Le document relève que la Conférence dit "apporter son plein soutien à l’exercice de la souveraineté de la République du Mali sur l’ensemble de son territoire", réaffirmant que la région de Kidal est "partie intégrante du territoire malien". 

"Elle exige le respect scrupuleux des symboles de l’Etat malien, le retour des démembrements de l’Etat, y compris les Forces Armées reconstituées et de l’Administration dans toute la Région de Kidal et encourage les initiatives nationales tendant à stabiliser la situation", poursuit la même source. 

Par ailleurs, la Conférence a appelé le Conseil de Sécurité des Nations Unies, en relation avec l’Union Africaine, à une résolution urgente de la crise libyenne, "véritable foyer d’alimentation du terrorisme dans le Sahel", demandant notamment la nomination d’un Représentant Conjoint de l’Union Africaine et des Nations Unies pour la Libye. 

Une délégation marocaine de haut niveau a représenté SM le Roi Mohammed VI à ce sommet. Elle comprenait le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Nasser Bourita, et le Directeur Général d’Études et Documentation, M. Mohamed Yassine Mansouri.