ONU: Assia Bensalah pour un multilatéralisme rénové pour répondre au nouvel agenda sécuritaire

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Nations-Unies - L'ambassadeur itinérant de SM le Roi et membre du Conseil de l’ONG "Leaders pour la paix", Assia Bensalah Alaoui, a souligné mercredi, au siège de l’ONU à New York, l’importance du multilatéralisme comme voie garante de la paix, notamment dans le contexte géopolitique actuel marqué par l’instabilité et la multiplication des crises et des conflits internationaux.

"Le multilatéralisme est une des voies garantes de la paix (…) et nous voyons justement des volontés visant à rénover et réhabiliter le multilatéralisme", a déclaré Mme Bensalah Alaoui lors d’une conférence de presse ayant sanctionné une visite de deux jours au siège des Nations-Unis d’une délégation de "Leaders pour la paix" conduite par son président, l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin.

Les membres de la délégation ont rencontré, à cette occasion, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le président de l’Assemblée générale, Tijjani Muhammad-Bande, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques de l’ONU, Rosemary DiCarlo, l’Envoyée des Nations-Unies pour la jeunesse, ainsi que plusieurs hauts responsables onusiens.

Mme Bensalah Alaoui a aussi insisté, à cette occasion, sur l’attachement du Royaume du Maroc à la voie multilatérale, "un multilatéralisme rénové pour répondre au nouvel agenda sécuritaire et faire face notamment à l’impératif du changement climatique".

A cet égard, il conviendrait d’envisager un multilatéralisme en réseau, qui soit inclusif des forces vives de la nation, notamment les jeunes et les femmes, et en cohérence avec les organisations régionales et locales, a préconisé l’ambassadeur de SM le Roi.

La question qui se pose est "comment réhabiliter et faire revivre le multilatéralisme, car l’unilatéralisme n’est vraiment pas un choix, il est tout simplement suicidaire", a-t-elle averti dans ce sens.

Pour Mme Bensalah Alaoui, la problématique est que le nouvel agenda sécuritaire a fondamentalement changé, et par conséquent, il n’est plus possible de traiter la question du multilatéralisme de la même manière qu’auparavant. "Il faut donc imaginer des solutions appropriées et mettre tous les acteurs concernés ensemble".

"C’est pour cette raison que l’association des jeunes, comme cela a été justement évoqué par les membres de la délégation avec l’Envoyée de l’ONU pour la jeunesse, est absolument fondamentale, car les jeunes ont aussi de la créativité et la capacité d’imaginer des solutions appropriées aux nouvelles menaces auxquelles nous sommes confrontées", a expliqué l’ambassadeur de SM le Roi.

Et de souligner, à ce propos, que la question si importante de la paix ne peut être laissée seulement entre les mains de quelques-uns. "Tout le monde est concerné à l’heure actuelle, et les citoyens eux-mêmes doivent jouer un rôle actif dans leur propre sécurité d’une manière générale", a-t-elle préconisé.

"Cela se vérifie dans les nouveaux types de menaces que nous subissons tous, notamment le terrorisme. Et par conséquent, il faut des citoyens vigilants, actifs et concernés par leur propre sécurité et par la paix", a noté Mme Bensalah Alaoui.

Pour sa part, M. Jean-Pierre Raffarin a exprimé l’inquiétude soulevée par les remises en cause actuelles du multilatéralisme, d’où la nécessité, a-t-il estimé, de "réformer le multilatéralisme afin de le sauver".

"La situation internationale actuelle est très dangereuse (…) et les écoles de la guerre se font partout, alors que les écoles de la paix sont rares", a déploré l’ancien Premier ministre français.

Par conséquent, il est essentiel de "faire en sorte que la dynamique de la paix soit promue", a-t-il insisté.

Evoquant les voies de réforme du multilatéralisme, M. Raffarin a estimé que la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU reste essentielle afin que cette instance puisse "garder sa crédibilité".

Il a également fait savoir que les membres de la délégation de "Leaders pour la paix" ont évoqué avec le Secrétaire général de l’ONU la question d’une large coopération entre les organisations multilatérales afin d’aboutir à "une cohérence au sommet et une décentralisation régionale sur le terrain. Les deux allant de pair".

"Il faut faire en sorte que ces organisations comprennent que ce n’est pas dans l’isolement qu’elles sauveront le multilatéralisme, mais plutôt avec des solutions globales appliquées localement", a-t-il dit.

"Leaders pour la Paix" vise à sensibiliser les dirigeants politiques et l'opinion publique aux risques de conflits armés, qu'ils soient régionaux ou mondiaux. Cette organisation rassemble une quarantaine de personnalités mondiales de premier plan possédant une vaste expérience des crises, une pluralité de sensibilités et des qualités pédagogiques pour promouvoir de nouvelles approches de la paix.

Soucieux de développer une diplomatie créative et inclusive, "Leaders pour la paix" a mis en place plusieurs nouveaux outils tels que "Peace Labs", "Itinerant Universities of Peace" et le "Smart Peace Prize" en association avec des experts, des leaders d'opinion, des jeunes et des acteurs économiques. Ces rencontres ont eu lieu en Afrique, en Europe et en Asie et sont toujours accompagnées de rencontres avec les autorités politiques des pays concernés.

Outre Mme Bensalah Alaoui et M. Raffarin, "Leaders pour la paix" comptent parmi ses membres une pléiade de personnalités mondiales dont sept anciens Premier ministres, l’ex-Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, l’ancienne DG de l’Unesco, Irina Bokova, l’ancienne directrice de la Banque Mondiale, Ngozi Onkojo-Iweala, l’ex-secrétaire d’Etat adjoint de l’ancien président américain Barack Obama, Antony Blinken, l’ancien Premier Secrétaire d'Etat du Royaume-Uni, Peter Mandelson, et l’ancien président du Conseil des ministres d'Italie et ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi.