Meurtre d’Imlil : Reprise du procès ce jeudi

5437685854_d630fceaff_b-
242
Partager :

Le procès des assassins présumés de deux touristes scandinaves, décapitées en décembre à Imlil, reprend jeudi 16 mai à Salé, une affaire qui avait suscité l'émoi dans le royaume et pour laquelle les principaux suspects risquent la peine de mort.

Le procès s'était ouvert le 2 mai dernier devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé mais avait été aussitôt renvoyé à la demande des avocats qui voulaient mieux prendre connaissance du dossier.

D'après une source proche du dossier, l'audience de ce jeudi devrait être consacrée à des questions de pure forme, et le procès pourrait prendre des mois avant que le verdict ne soit rendu.

Cette audience coïncide avec le 16e anniversaire des attentats meurtriers perpétrés le 16 mai 2003 par des kamikazes issus d'un bidonville de Casablanca, qui avaient fait 33 morts.

Vingt-quatre personnes en tout comparaissent jeudi pour "apologie du terrorisme", "atteinte à la vie de personnes avec préméditation" ou "constitution de bande terroriste".

Rappelons que les principaux suspects, qui avaient prêté allégeance au groupe jihadiste Etat islamique (EI), sont accusés d'avoir tué Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, dans la nuit du 16 au 17 décembre sur un site isolé du Haut-Atlas où elles campaient. Ils risquent la peine de mort.

"Nous voulons d'abord comprendre, ensuite demander des compensations, même si rien ne peut compenser la douleur des familles" des victimes, a confié à l'AFP Me Khalid Elfataoui, l'avocat des parents de Louisa qui se sont constitués partie civile.

Il dit vouloir demander la peine de mort pour les assassins "même si les pays d'origine des victimes y sont par principe opposés".

Les trois principaux suspects dans cette affaire, natifs de la région de Marrakech, se nomment Abdessamad Ejjoud (25 ans), Younes Ouaziyad (27 ans) et Rachid Afatti (33 ans).

A l'ouverture du procès, le premier, chef présumé du groupe, siégeait tout sourire au premier rang des accusés, aux côtés de ses deux compagnons. Surnommé "Abou Moussab", il avait déjà fait de la prison pour avoir tenté de rejoindre l'EI en Syrie.

Un quatrième Marocain, Abderrahim Khayali, 33 ans, s'était rendu avec les trois autres dans la montagne mais était retourné à Marrakech pour y trouver une planque, peu avant le passage à l'acte, selon l'acte d'accusation consulté par l'AFP.

Selon l'acte d'accusation, le groupe s'était rendu dans les montagnes touristiques du Haut-Atlas le 12 décembre, décidé à "assassiner des touristes". Il avait repéré plusieurs cibles potentielles, mais renonçait à chaque fois en raison de la présence de guides ou d'habitants.

Dans la nuit du 16 décembre, Ejjoud, Ouaziyad et Afatti avaient repéré les deux victimes qui campaient sur un site isolé.

Les 20 autres prévenus sont poursuivis pour leurs liens avec les tueurs présumés. Agés de 20 à 51 ans et membres présumés du groupe d'Ejjoud, ils sont accusés d'avoir "relayé des images de propagande", d'avoir planifié des attaques dans le royaume ou d'avoir voulu rejoindre l'EI en Syrie et en Irak.

Seul étranger du groupe, Kevin Zoller Guervos est un Hispano-suisse de 25 ans converti à l'islam et installé au Maroc. Selon l'acte d'accusation, il est notamment soupçonné d'avoir entraîné les suspects au tir, selon les enquêteurs. Devant le juge d'instruction, il avait déclaré être innocent.

La plupart des accusés sont défendus par des avocats commis d'office.