Incivisme au Maroc : Trop c’est trop !

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Les journaux marocains en ont beaucoup parlé, en vain. Pour autant, on ne va pas baisser les bras. L’incivisme ronge la société marocaine. Les Marocains mal dans leur citoyenneté, mal dans l’héritage des valeurs d’éthique, d’équité et de civilité…

On ne va parler que de l’incivisme visible à l’œil nu. En sortant de chez soi, on peut observer des automobilistes irrespectueux, rustres et mal dans leur rapport aux autres et à eux-mêmes, et ce, qu’ils soient propriétaires de voitures de luxe ou plus modestes. Me direz-vous peut-être que c’est le trafic routier, il faut pouvoir y faire face. Soit. Mais qu’en est-il du langage ordurier voir blessant, du contact négligé voir sale, de la confiscation de l’espace public, de la conduite égoïste des piétons qui ne vous cèdent pas la place quand c’est à votre tour de passer sur la parcelle de trottoir restante, et qui vous dévisagent en vous repoussant, parce que non seulement ils sont des égoïstes acharnés mais aussi parce qu’ils manquent cruellement de pragmatisme et de sens du contact, de ces hommes qui crachent devant les gens sans la moindre gêne ? Tout cela veut dire que l'ego prime, et que les espaces communs n’ont plus rien de commun que les expressions de l’incivisme.

Le résultat est affligeant, les villes sont devenues agressives et inhospitalières, chacun y veut un petit peu plus d’espace, au dépend de la liberté d’être, de penser et d’agir de leurs concitoyens. Plus qu’une question de civisme, il s’agit d’une faille dans les civilités et la citoyenneté.

Pourquoi le confort mal compris des individus se propose-t-il ainsi comme plus important que l’intérêt public, général ? C’est une faille dans les valeurs et dans la morale inculquées par les principales institutions : La famille, l’école et les squatteurs des établissements publics et privés. Ce sont d’ailleurs les mêmes qui peuplent la famille et l’école, deux institutions qui ne jouent plus leur rôle, celui d’inculquer des valeurs de tolérance, de respect de l’autre et de l’espace public.

Face à de telles faillites, l’éducation et l’instillation de la morale comportementale doit aller bien au-delà pour se poursuivre dans les entreprises et la rue elle-même, en générant l’imitation des comportements positifs, et à défaut par des interdits suivis, en cas d’infraction par des mesures coercitives effectives. 

Pour être plus simple, « Être sympathique » est en voie de disparition. Les Marocains sont devenus intolérants, perturbateurs de l’ordre, insolents, colériques, bagarreurs, impatients, impertinents, assoiffés de malentendus, et dépourvus de tout savoir-vivre. C’est fatiguant.

Être aimable, voir aimant, cela n’existerait-t-il, toute mesure gardée, qu’en Occident ? Il s’agit de choses simples : devenir agréable, bien éduqué, gracieux, chic voire enjoué, gentil et garder intact le sens de l’humour et de l’autodérision.