Sénégal : Macky Sall, seul maître à bord

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Outre l’abolition de la fonction de premier ministre, d’autres réformes seraient prévues, selon des rumeurs relayées par la presse. Elles concerneraient la modification de 22 articles de la constitution

Au Sénégal, le conseil des ministres a adopté un projet de loi portant sur la suppression du poste de premier ministre. Le « texte invisible » doit être soumis à l’approbation de l’assemblée nationale.

Avec la suppression du poste de Premier Ministre au Sénégal, Macky Sall aura la mainmise sur toutes les actions de son gouvernement. L’actuel PM qu’il a lui-même nommé il y a de cela 3 semaines, ne serait plus qu’un simple secrétaire général à la présidence de la République.

Sur le communiqué du conseil des ministres, rendu public la semaine dernière, seulement deux courtes lignes concernent ce projet de loi qui est, pourtant, d’une importance majeure.

A Dakar, les opposants dénoncent le fait que ni Macky Sall, ni ses proches n’aient parlé de cette réforme durant la campagne électorale ou lors de l’investiture du président Sall.

Les proches du président observent un silence inquiétant

Aucun des conseillers du président n’a souhaité évoquer ce sujet. Ils ont tout simplement indiqué que c’est à l’assemblée nationale qu’il sera rendu public.

Jusque-là, le texte est invisible. Seul le président et son entourage en connaissent le contenu. L’assemblée nationale votera alors un projet de loi qu’il n’a ni consulté au préalable, ni débattu.

Selon l’opposition, cela bloque tout débat public et entraîne des rumeurs au sein de la presse qui dénonce également l’absence d’explication de la part du président fraichement réélu pour un deuxième mandat.

Alors que Macky Sall, souhaite renouer le dialogue politique avec l’opposition, ce projet pourrait constituer une véritable ligne de discorde. Au sein même de son clan, des partisans lui reprochent la manière dont cette décision a été prise. Moustapha Diakhate, ancien chef de cabinet de Macky Sall, se dit favorable à la suppression du poste de PM au Sénégal mais critique le fait qu’ « aucune explication ne soit donnée à la presse par le chef de l’Etat ».

Le silence observé de part et d’autre inquiète les médias. Ils désapprouvent aussi le fait que certaines autorités comme Moustapha Niass, président de l’assemblée nationale, n’ait toujours pas réagi concernant ce projet de loi.

L’opposition dénonce surtout un exercice solitaire du pouvoir et une réforme qui peut ouvrir la voie vers un troisième mandat au président Macky Sall.

Selon des rumeurs relayées par la presse, d’autres réformes sont prévues. Elles concerneraient la modification de 22 articles de la constitution notamment des articles en rapport avec la souveraineté du pays, la fonction du chef de l’Etat, celle du gouvernement et les rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif.