Exécution de masse en Arabie saoudite pour ''terrorisme''

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L'Arabie saoudite a mis à mort mardi 23 avril 37 de ses citoyens condamnés pour "terrorisme", une rare exécution de masse dans le royaume survenue trois ans après celle de dizaines de personnes qui avait précipité la rupture des relations avec l'Iran.

Les exécutions de mardi ont eu lieu dans six régions: la capitale Ryad, les villes saintes de La Mecque et de Médine, la région sunnite d'Al-Qassim (centre), celle de Assir (sud) et celle de la Province orientale où se concentre la minorité chiite, selon le ministère de l'Intérieur.

Amnesty International a dénoncé ces exécutions et indiqué, dans un communiqué, que la majorité des suppliciés étaient des chiites.

"L'exécution massive d'aujourd'hui est une démonstration effrayante du mépris cruel des autorités saoudiennes pour la vie humaine". C’est ce qu’ a déclaré, dans le communiqué, Lynn Maalouf, directrice de recherche sur le Moyen-Orient. "C'est aussi une autre indication de la façon dont la peine de mort est utilisée comme un outil politique pour écraser la dissidence au sein de la minorité chiite du pays", a-t-elle ajouté.

Selon elle, 11 des personnes exécutées ont été reconnues coupables d'espionnage au profit de l'Iran et au moins 14 autres ont été condamnées pour des violences liées à leur participation à des manifestations dans la Province orientale entre 2011 et 2012.

Une autre a été arrêtée à l'âge de 16 alors qu'elle était mineure.

Ces exécutions portent à plus de 100 le nombre de personnes mises à mort en Arabie saoudite depuis le début de l'année, selon un décompte établi à partir de communiqués officiels.

Selon Amnesty International, le royaume, qui suit une version rigoriste de l'islam, figure dans le peloton de tête des pays qui appliquent la peine de mort dans le monde.

Dans son rapport mondial sur la peine de mort pour l'année 2018, l'organisation indique que derrière la Chine (qui ne publie pas de statistiques), les pays ayant eu le plus massivement recours aux exécutions sont l'Iran (253), l'Arabie saoudite (149), le Vietnam (85) et l'Irak (52).

Les 37 personnes exécutées mardi ont été reconnues coupables d'"avoir adopté la pensée terroriste extrémiste" et d'"avoir formé des cellules terroristes", a affirmé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué publié par l'agence officielle SPA.

Certaines ont été accusées de "sédition confessionnelle", un terme généralement utilisé pour les militants chiites.

Les exécutions ont généralement lieu par décapitation en Arabie saoudite. Le ministère de l'Intérieur a précisé que l'un des suppliciés de mardi avait ensuite été crucifié, un traitement réservé aux auteurs de crimes particulièrement graves.

L'Arabie saoudite ne cesse de répéter être en guerre contre "toutes les formes de terrorisme". Après les vagues d'attentat du début des années 2000, le pays a réussi à contenir la menace des groupes jihadistes, sans les éradiquer totalement.

La précédente exécution de masse en Arabie saoudite remonte à janvier 2016 quand 47 personnes, également condamnées pour "terrorisme", dont le chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr, avaient été mises à mort le même jour.