Espagne : Sauf surprise, les législatives de dimanche contraindront à la coalition

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Sauf énorme surprise, des pactes post-électoraux seront nécessaires pour la formation du prochain gouvernement espagnol, aucun parti politique n’étant crédité par les sondages des voix et sièges requis pour obtenir une majorité absolue lui permettant de gouverner en solitaire

Les Espagnols sont appelés aux urnes, dimanche, pour participer à des élections législatives pour la troisième fois en moins de quatre ans seulement, après celles de décembre 2015 et de juin 2016.

Ces élections anticipées ont été convoquées en février dernier par le président du gouvernement sortant, Pedro Sanchez, après avoir échoué à faire adopter son projet de Loi de Finances 2019 au Congrès des députés (chambre basse).

Arrivé au pouvoir en juin 2018 grâce à une motion de censure adoptée par le parlement contre son prédécesseur, le conservateur Mariano Rajoy, Sanchez a décidé, suite à cet échec, de donner la parole de nouveau aux électeurs.

Suite au rejet du projet de la Loi de Finances 2019, « j’avais le choix entre continuer au pouvoir avec un budget qui n’était pas le notre et qui ne répondait pas aux exigences sociales de notre pays (…) ou de donner la parole aux Espagnols. J’ai choisi la seconde option", avait-il déclaré.

Outre les élections législatives de dimanche durant lesquelles les Espagnols éliront leurs représentants au Congrès des députés et au Sénat, ils devront voter une nouvelle fois, en mai prochain, à l'occasion des élections municipales et régionales, dans toutes les communautés autonomes, sauf en Andalousie, en Catalogne, en Galice et au Pays basque, ainsi que lors des élections européennes.

La reconfiguration de la carte politique en Espagne sera donc totale et touchera aussi bien les conseils élus locaux, les plus proches du citoyen, que l’institution législative.

Sauf énorme surprise, des pactes post-électoraux seront nécessaires pour la formation du prochain gouvernement espagnol, aucun parti politique n’étant crédité par les sondages des voix et sièges requis pour obtenir une majorité absolue lui permettant de gouverner en solitaire.

La fragmentation évidente du paysage politique espagnol, résultant de la fin du bipartisme PSOE-PP ayant dominé pendant plus de 30 ans, peut être à l’origine aussi d’un blocage qui conduirait à la convocation de nouvelles élections, comme ce fut le cas en 2015 après l’échec des partis à investir un chef de gouvernement.

Le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, dont le parti est donné vainqueur du scrutin de dimanche, s’est dit prêt à dialoguer avec toutes les formations politiques dans le but de former le prochain exécutif.

Il a fait savoir, dans le même sens, qu’Unidas Podemos (extrême gauche) est le premier parti avec lequel il tentera de dialoguer après le scrutin, n’écartant pas de faire de même avec la formation centriste de Ciudadanos.

Le chef de Podemos, Pablo Iglesias, a fait part, quant à lui, de sa volonté de former un gouvernement de gauche avec le PSOE, donnant la priorité à une entente entre les deux partis au sujet du programme gouvernemental, plutôt qu’à la distribution des portefeuilles ministériels.

Le président de Ciudadanos, Albert Rivera, a, de son coté, tendu la main de manière explicite au PP pour former un gouvernement de coalition constitutionnaliste excluant les partis nationalistes.

Les déclarations des différents dirigeants politiques laissent entrevoir deux blocs politiques opposés, le premier à gauche, formé du PSOE et Podemos, et l’autre à droite, constitué du PP et Ciudadanos, sans compter la surprise des élections régionales de décembre dernier en Andalousie, le parti d’extrême droite Vox qui pourrait avoir son mot à dire avec les 11 % des suffrages dont il est crédité par les sondages.

Mais la politique n’étant pas une science exacte, d’autres scénarios ne sont pas à écarter, comme un possible pacte entre les socialistes du PSOE et les centristes de Ciudadanos.

Quels que soient les résultats des élections de dimanche, les observateurs s’accordent à dire qu’elles seront cruciales pour l’avenir politique de l’Espagne.

La nécessité d’alliances post-électorales pour élire le prochain président du gouvernement laisse présager de nouveaux rapports de force sur la scène politique espagnole.

MAP