Catalogne : Des dizaines de milliers de manifestants contre l’indépendance

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Les rues de Barcelone ont été envahies, ce dimanche 8 octobre, par des dizaines de milliers de personnes venues manifester et crier haut et fort en faveur de l'unité de l'Espagne, une semaine après le référendum sur l'indépendance de la Catalogne (nord-est), jugé illégal par Madrid 

Brandissant des drapeaux espagnols et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire, entre autres, "La Catalogne, c'est l'Espagne" et "Ensemble nous sommes plus forts", des milliers de manifestants se sont rassemblés bien avant l'heure prévue du départ du cortège, dans le centre de la ville, à l'appel de Société Civile Catalane (SCC), une organisation anti-indépendantiste qui dit représenter la "majorité silencieuse" des habitants de la Catalogne.

Ils ont répondu présents à ce rassemblement soutenu par plusieurs partis politiques anti-indépendance et plusieurs personnalités, comme l'écrivain Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, de nationalité péruvienne et espagnole, qui a qualifié l'indépendantisme catalan de "maladie".

Samedi déjà, des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté à Barcelone, Madrid et dans une cinquantaine d'autres villes d'Espagne pour défendre l'unité du pays ou réclamer l'ouverture d'un dialogue pour désamorcer la crise.

Le président de l'exécutif autonome catalan, Carles Puigdemont, doit prendre la parole, ce mardi 10 octobre, devant le Parlement régional où il pourrait proclamer unilatéralement l'indépendance de la Catalogne en s'appuyant sur les résultats du référendum du 1er octobre, suspendu par la Cour constitutionnelle.

Dans un entretien publié dimanche par le quotidien El Pais, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a indiqué que Madrid pourrait utiliser les pouvoirs que lui confère la Constitution pour suspendre l'autonomie de la région et l'empêcher de se séparer de l'Espagne.

"Je n'exclus absolument rien qui soit dans le cadre de la loi", dit-il en réponse à une question sur une activation de l'article 155 de la Constitution, qui lui permettrait de suspendre les compétences du gouvernement régional et d'organiser de nouvelles élections locales.

"Idéalement, il ne devrait pas être nécessaire de mettre en oeuvre des solutions drastiques, mais pour que cela ne se produise pas, les choses vont devoir changer", ajoute-t-il.

Le chef du gouvernement a exclu en revanche un recours à la médiation d'une tierce partie pour résoudre la crise catalane. "Nous allons empêcher l'indépendance de se produire. C'est pourquoi je peux vous dire avec une franchise absolue que cela n'arrivera pas", a-t-il martelé.

Par ailleurs, des manifestations d’une part pour le "l'unité" de l’Espagne et de l’autre pour le "dialogue" sur la crise en Catalogne ont eu lieu samedi dans plusieurs villes espagnoles à l’appel d’organisations de la société civile.

Ainsi, des milliers de personnes, répondant à l’appel de la fondation Danaes pour la défense de la nation espagnole, ont manifesté à la mi-journée à la place de Colon, dans le centre de Madrid, en défense de l’unité de l’Espagne face au défi indépendantiste en Catalogne (nord-est).

Arborant des drapeaux espagnols, les participants à cette concentration ont scandé des slogans comme "Vive l’Espagne", "Je suis Espagnol" ou "Pas de dialogue avec les putschistes".

La fuite des entreprises se poursuit…

Par crainte d’une déclaration unilatérale d’indépendance suite au référendum jugé illégal par Madrid, une dizaine d’entreprises ont décidé de transférer leurs sièges sociaux hors de la Catalogne (nord-est) vers d’autres régions en Espagne.

La société de gestion de l'eau SGAB est la dernière des entreprises ayant décidé de déménager de Barcelone en annonçant samedi le transfert de son siège juridique à Madrid. Vendredi, Gas Natural Fenosa a pris la même décision, quoiqu'elle ait tenu à préciser que cela pourrait être une mesure temporaire en raison de la situation politique incertaine que connaît la Catalogne.

Les banques ne sont pas en reste, comme Banco Mediolanum qui a décidé de transférer son siège social à Madrid, Arqui coopérative à Valence, Caixabank à Valence et Banco Sabadell à Alicante. Fundacion La Caixa et Criteria ont également annoncé qu'ils quittent la Catalogne pour Palma de Majorque, dans les îles Baléares.

D'autres entreprises ont pris la même décision de quitter la Catalogne comme Oryzon Genomics (qui a pris la décision mardi), Eurona, Proclinic, Arquia Banca, Service Point ou Dogi. Des sociétés envisagent de prendre la même décision, notamment la compagnie d'assurance Catalana Occidente.

Le ministre espagnol de l'Equipement, Inigo de la Serna, a déclaré à une station de radio locale que ces décisions sont simplement "une première étape de ce qui pourrait se produire à répétition" en cas de déclaration unilatérale d'indépendance de la part du gouvernement catalan.

Face à cette situation d'incertitude, "les entreprises qui s'efforcent de préserver leurs affaires, continueront de partir". Le gouvernement espagnol a promulgué vendredi un décret qui rend plus facile pour les entreprises de quitter la Catalogne et de transférer leurs sièges sociaux à d'autres régions en Espagne, car la décision n'aurait pas besoin d'être adoptée par l'assemblée générale des actionnaires, à moins que les statuts de la société ne soient le contraire.