Des climatologues en conclave à Rabat pour discuter du modèle de gouvernance à adopter en Afrique

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Un séminaire sur "la gouvernance climatique en Afrique : les enjeux d'une redéfinition du problème climatique à l’échelle politique", s’est ouvert ce jeudi 12 octobre à Rabat, avec la participation de chercheurs, de climatologues et de responsables institutionnels venus de l’Afrique, l’Europe et l’Amérique Latine

Les intervenants à ce colloque, organisé par l’Université internationale de Rabat (UIR), ont souligné que les défis climatiques à toutes les échelles passent d’abord par une prise de conscience et "une mise à l’agenda" de la question climatique dans toutes les politiques publiques, appelant à une définition claire des objectifs, des problèmes, des risques et du modèle de société devant intégrer durablement les changements climatiques, ainsi qu’une nouvelle gouvernance à l’échelle internationale.

L’accord de Paris constitue une réponse innovante à ce défi, puisqu’il repose sur "une approche Buttom-Up", c'est à dire chaque pays est invité à définir lui-même ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, créer son cadre institutionnel et élaborer sa propre stratégie, en concertation avec les acteurs privés et les administrations territoriales, ont-ils souligné.

"L'Afrique reste plus vulnérable face au dérèglement climatique et le moins avancé sur les questions de réglementation et de transition", ont-ils déploré, notant que l’une des difficultés posées par l’idée de gouvernance est qu’elle suppose une gestion à la fois "multi-track", bureaucratique et apolitique des problèmes. Or les implications de l’adaptation et de l’atténuation du changement climatique sont éminemment politiques.

L’enjeu principal pour les pays africains consiste avant tout dans le développement et la sécurité. La question climatique n’est pas suffisamment perçue comme un enjeu de développement ou une menace sécuritaire, ont-ils estimé.

Par ailleurs, ils ont indiqué qu'aujourd'hui plusieurs pays africains ont dépassé leur scepticisme au profit d’un engagement actif dans le domaine climatique, ajoutant que l’Afrique enregistre des avancées majeures et prometteuses en-là matière et que l’avenir du continent pourrait dès lors reposer sur une prise en compte systématique de la dimension climatique.

Initié en partenariat avec la Fondation Konrad Adenuaer Stiftung, le secrétariat d'Etat chargé du développement durable et le Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED), ce colloque vise à participer et à soutenir les efforts en cours, pour faire de l’Afrique un acteur écouté et même déterminant dans les débats climatiques à l’échelle internationale.

Ce séminaire de deux jours permettra, également, d’informer un large auditoire sur les acteurs, les initiatives et les projets en cours dans le domaine de climat en Afrique, de mettre en réseau les chercheurs, les experts des questions climatiques, les décideurs et la société civile et d’aboutir à une réflexion collective à propos du modèle de gouvernance à adopter à l’échelle du continent.

Parmi les thématiques qui seront abordées figurent, la place de l’Afrique dans la gouvernance environnementale contemporaine, les approches innovantes en matière de changements climatiques et le financement de l’adaptation et de l’atténuation des effets des changements climatiques.