Maroc - maintient de l’équilibre macroéconomique, mais la météo-dépendance persiste

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Rabat - Les premiers chiffres des prévisions économiques nationales pour l'année 2019 font ressortir l'absence de changements palpables dans les performances et la production nationale avec une dépendance continue au produit brut agricole et aux aléas climatiques, avec un taux de croissance insuffisant pour réaliser le décollage économique escompté.

En effet, le taux de croissance continue à reculer depuis 2017 en passant de 4.1 % à 3.1 % en 2018 pour se situer à 2,9% pour l'année qui s'achève d’après les prévisions du ministère de l’Économie et des finances. Selon les rapports économiques nationaux et internationaux, un tel recul est attribuable en premier lieu à la baisse des précipitations au cours des deux dernières saisons agricoles, ce qui a négativement impacté le production agricole du Royaume.

Les indicateurs positifs que l'on peut relever dans le bilan économique de 2019, concernent en premier lieu la hausse de la contribution des secteurs non-agricoles au Produit intérieur brut (PIB), laquelle a bel et bien permis de compenser la baisse de la production agricole. Et conformément aux chiffres du ministre de l’Économie et de la réforme de l'administration, Mohamed Benchaâboun, l'indicateur de croissance de l'activité non-agricole devrait connaître une amélioration cette année : il passera ainsi de 2.6 % en 2018 à 3.3 %.

L'autre reconnaissance des efforts déployés pour assurer les équilibres macroéconomiques et la stabilité financière fut l'analyse établie par Standard & Poor's selon laquelle les perspectives économiques du Royaume s'améliorent en passant de perspective négative en 2018 à stable l'année suivante.

Entre cette capacité de maintien de l'équilibre des indicateurs d'ordre financier et l’incapacité à accélérer le rythme de la croissance, force est de constater que "l’économie marocaine fonctionne toujours en dessous de son plein potentiel" comme l'a relevé la Banque mondiale lorsqu’elle a analysé les perspectives économiques du Maroc en octobre dernier.

L’on peut citer également à cet égard la persistance du déficit de la balance commerciale qui renseigne sur la faible compétitivité ainsi que la dépendance permanente de l’économie nationale à l'égard des économies européennes en particulier, même si la demande intérieure continue à stimuler la croissance aujourd’hui plus que par le passé.

Parmi les faits qui ont marqué le domaine social en 2019, la conclusion d'un nouvel accord de dialogue social qui a coûté plus de 14 milliards de dirhams au budget de l'Etat dont six milliards versés au titre de l'année qui touche à sa fin, lequel survient huit ans après le dernier accord social (avril 2011).

Sur le plan social, 2019 s'est aussi caractérisée par le lancement de la troisième phase de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) 2019-2023, avec une enveloppe budgétaire globale estimée à 18 milliards de dirhams.

S'agissant des subventions sociales directes et indirectes, il est prévu que les dépenses de la Caisse de compensation atteignent un total de 18 milliards de dirhams selon la loi de finances 2019. A ce propos, le gouvernement affirme que les actions se poursuivent pour généraliser le programme "Tayssir" en milieu rural, renforcer le Régime d'assistance médicale RAMED, soutenir les programmes d'assistance aux veuves et aux personnes en situation de handicap et aller de l'avant dans la mise en œuvre du programme de lutte contre les disparités territoriales.

L'année qui s'achève a été, d'autre part, celle du lancement d'un débat sur les choix de développement du Royaume, dans le sillage de l'appel royal pour l'élaboration d'un nouveau modèle de développement, mettant en branle une dynamique à même de faire émerger de nouvelles recettes pour stimuler la croissance compte tenu des différentes couches sociales et l'espace territorial.

Le Conseil économique, social et environnemental a, quant à lui, anticipé la discussion sur le système fiscal au Maroc et l'a lié à la quête d'un nouveau modèle de développement à travers un rapport élaboré dans le cadre de l'auto-saisine sous le nom "pour un système fiscal qui constitue un pilier principal pour un nouveau modèle de développement", approuvé à l'unanimité, le 28 mars 2019, par l'Assemblée générale du Conseil.

Et si les résultats de ce débat lancé en 2019, auront un impact décisif sur l'avenir de l'économie nationale à moyen et à long terme, certains de ses aspects affecteront directement les directives à court terme, surtout que les stratégies sectorielles les plus importantes arriveront à leur terme dans l'année à venir ("Plan Halieutis 2009-2020 ","Plan d'accélération industrielle 2014-2020","Vision 2020 du tourisme "et "le Plan Maroc vert lancé depuis 2008", ce qui impose son évaluation pour ensuite chercher de nouveaux ou de différents horizons pour un certain nombre de secteurs de production et de service.