Atlantic Dialogues : Quand le Nord rencontre le Sud dans le Sud

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La 7e édition de la conférence internationale Atlantic Dialogues, placée sous le thème "Dynamiques Atlantiques : surmonter les points de rupture", s'est clôturée samedi 15 décembre à l’ocre-ville. Trois jours d’un « dialogue ouvert, chic et sérieux, formel et informel ». Comme pour le Nord rencontre le Sud dans le Sud, la formule est de Karim El Aynaoui.

« Les Dialogues de l’Atlantique sont en quelque sorte une thérapie collective qui construit un dialogue et permet des échanges entre les générations. Nous avons atteint un équilibre entre les communautés et les générations », a annoncé à cette occasion Karim El Aynaoui, directeur général de Policy Center for the New South (ex-OCP Policy Center) et ancien économiste de la Banque mondiale et Bank Al-Maghrib.

Pour M. El Aynaouui, il s’agit d’un « lieu où le Nord rencontre le Sud dans le Sud ».

« Nous allons continuer dans cet esprit de dialogue ouvert, chic et sérieux, formel et informel, mais toujours tolérant et prêt à écouter les autres. Ce sont nos valeurs et les valeurs des Marocains, dans un pays où nous aimons recevoir les gens sous notre tente, un endroit sûr. C’est un espace où nous pouvons discuter, essayer de trouver des solutions, nous aventurer. Notre devoir d’experts est de communiquer avec nos communautés, nous devons inviter des populations, c’est ce que nous essayons de faire avec le think tank, établir des liens avec les communautés pour élaborer ensemble de meilleures politiques », a-t-il déclaré lors de la séance de clôture des "Atlantic Dialogues".

Organisée par le Policy Center for the New South, un think tank basé à Rabat, cette réunion de haut niveau a réuni 370 participants de 90 nationalités pour aborder les grands problèmes géopolitiques et économiques du bassin atlantique. Difficile de résumer les débats pour un compte rendu de support médiatique. Les organisateurs en offrent un florilège :

Le rôle de la culture dans les relations atlantiques : Pour un Erasmus atlantique

Assia Bensalah Alaoui, ambassadrice itinérante du Maroc : « l'Atlantique est d'abord un espace d'échange intense à travers les siècles, mais aussi douloureux, forgé par la colonisation et le commerce triangulaire d’esclaves. Les blessures et les stigmates restent vivaces, et perdurent à travers une hégémonie culturelle et économique dans laquelle nous avons du mal à exister ».

« Nous devons faire un travail sur nous-mêmes pour opérer cette revalorisation, réappropriation de notre culture pour nous permettre de passer du ressentiment au pardon et la réconciliation ».

Paulo Paranagua, chercheur indépendant brésilien et ancien journaliste  de "Le Monde". Plutôt "pessimiste" sur la convergence transatlantique : « Combien de connaisseurs de l'Afrique au Brésil ? Et en Afrique combien de spécialistes du Brésil ? Idem : zéro ! Sur le court terme je suis très pessimiste, il ne se passera quelque chose à long terme que sur la base d'échanges, par exemple entre étudiants, avec un équivalent d'Erasmus transatlantique ».

Cela dit, le président de la région autonome des Açores, Vasco Alves Cordeiro, souligne qu’il n’ya peut-être pas encore de culture atlantique, mais « il y a du potentiel ».

« Nous avons des deuxième et troisième générations d'immigrants aux États-Unis: comment pouvons-nous maintenir le lien entre eux et nous dans les îles? Ce sont les meilleurs ambassadeurs à l'étranger ». NDLR : Pas si sûr.

Quid du Brésil où les Japonais parlent portugais avec un accent italien

Geraldo Alckmin, gouverneur de São Paulo (Brésil) : « la démocratie au Brésil est bien consolidée, avec un multipartisme vivant ». 

Avec son nouveau président, le royaume de Pelé inquiète. Intervenant sur la politique extérieure du nouveau gouvernement sur le Pacte global et la migration, M. Alckmin a relevé que « le Brésil est un pays d'immigrants. Sao Paulo est la ville où les Japonais parlent portugais avec un accent italien. Nous devons avoir un Pacte global sur la migration ».

« Les gens votent non pas pour un parti, mais un candidat. C'est une question de corporatisme et d'intérêts : la carte où le candidat du Parti des travailleurs a eu le plus de voix correspond aux régions bénéficiant du plus grand nombre de programmes d'assistance. Dans la périphérie des grandes villes, une classe moyenne très modeste apparue sous Lula a perdu du terrain. La plupart sont dans la théologie de la prospérité menée par les évangélistes. Ces gens sont allés du Parti libéral vers la direction anti-libérale », a affirmé, pour sa part, le professeur à Sciences PO Paris et chercheur au " Policy Center for the New South", Alfredo G. A. Valladão.

Nouveau développement commun: perspectives des anciens présidents latino-américains

L’ancien président de l’Equateur, Luis Osvaldo Hurtado Larrea, a exprimé ses préoccupations concernant l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, qui selon lui, a oublié les deux grandes traditions des USA, la démocratie et le libre échange, « bonnes pour l'Amérique latine et les USA eux-mêmes ».

« J'espère que ce président comme d'autres finira par voir quels sont les faits réels, les faits économiques qu'on ne peut mettre sous le tapis, à moins qu'ils ne veuillent persévérer dans leurs erreurs », a-t-il relevé.

Par ailleurs, Federico Ramón Puerta, ancien président de l’Argentine a déclaré que « Bolsanaro a dit que le Mercosur n'a pas d'impact, mais ce qui est important n'est pas ce qu'il dit, mais ce qu'il fait. Il faut attendre de voir quel bénéfice le Brésil va tirer du Mercosur. Je ne me soucie guère des déclarations faites ici et là, j'analyse plutôt les faits ».

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