Le terreau franco-algérien

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On peut remonter jusqu’à l’attaque de Marrakech qui a laissé en 1994 sur le parquet de l’Hôtel Atlas Asni deux touristes espagnols, mais derrière ce coup qui a impliqué de jeunes franco-algériens, il y avait plus la main des services algériens empêtrés dans les débuts d’une sale guerre civile que les intégrismes islamistes. L’exécution en 1996 des sept moines de Tibhirine en Algérie s’inscrit plus ou moins dans le même registre et l’assassinat du guide Hervé Gourdel intègre également ce cycle de violence qui met Algériens et Français, ou l’Algérie et la France, face-à-face. Sur le sol français, l’essentiel des attaques terroristes de ces dernières années est commis par des jeunes franco-algériens : Kelkal et les attentats du RER, Merah, Nemmouche, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly, franco-algérien par alliance puisque époux de Hayat Boumedienne, elle-même recherchée. Je ne commettrai pas l’énorme bêtise d’avancer qu’il y a dans ce déroulement macabre quelque chose de génétique. On devrait, toutefois, bien trouver d’autres explications à cette loi de série que l’islamisme extrémiste. La tumultueuse histoire franco-algérienne ne devrait pas être étrangère à ce déversement de haine et de sang d’autant plus qu’aucun des deux pays n’a fait suffisamment d’efforts pour apaiser les esprits et enterrer les haines. Loin de moi l’idée de dédouaner l’islamisme de ces crimes, mais il est certainement nécessaire de pousser les analyses dans d’autres directions afin de mieux comprendre l’ensemble des ressorts de cet engrenage et donc mieux contribuer à l’immunisation de ce terreau franco-algérien contre l’exploitation qu’en fait la nébuleuse islamiste.