L’immaturel revient toujours au galop

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Gentiment et courtoisement, comme toujours à son habitude, Nizar Baraka a invité le chef du gouvernement à actionner l’article 103 de la constitution. Il ne s’agit pas moins pour Sâadeddine El Othmani que d’engager sa majorité sur un vote de confiance qui pourrait, sait-on jamais, lui être refusé, peut-être même par son propre groupe parlementaire qui joue les effarouchés sur la loi cadre de l’enseignement.

La constitution a bien mis à la disposition du chef de file des istiqlaliens, en sa qualité de patron d’une partie de l’opposition, l’article 105 qui permet à celle-ci de mettre en cause la responsabilité du gouvernement par le vote d’une motion de censure.

Seulement, pour l’Istiqlal, le compte n’est pas bon : Il lui faut 75 députés, ce qu’il n’a pas, ou s’allier au PAM, ce qu’il ne veut pas.

En somme, ce que cherche Nizar Baraka dans cette peu fine partie autour de la langue de l’enseignement c’est de jouer avec les pièces de l’adversaire pour damer à un chef du gouvernement sans garde-fous au sein de sa majorité, à la fois sa tour et son roi.

Il est possible qu’en ouvrant cette fenêtre à Sâadeddine El Othmani, il lui permet de mettre ses députés devant leur responsabilité de faire tomber le gouvernement. Pourquoi cependant celui-ci irait-il offrir à ses adversaires un plateau aussi attrayant qu’un débat sur la confiance du gouvernement au risque de voir la médiatisation de l’évènement pousser plus à la radicalisation qu’à la pondération ?       

Il est possible de considérer que par cette manœuvre, le secrétaire général détourne l’attention du fond du problème pour dépassionner un débat qui fait appel bien plus aux tripes qu’à la raison. Ce serait trop beau. L’immaturel revient toujours au galop.