La justice spatiale et les formes émergentes d'expressions publiques en débat

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Rabat - La justice spatiale constitue un moyen essentiel pour interagir avec les formes émergentes d’expressions publiques, a estimé, vendredi à Rabat, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach.

Lors d’une rencontre-débat organisée par le CNDH sous le thème «Les expressions publiques et les défis de la justice spatiale», Mme Bouayach a souligné que la justice spatiale offre un cadre institutionnel et spatial, basé sur une architecture territoriale renouvelée, qui prend en considération les particularités socioculturelles.

Le cadre institutionnel de la justice spatiale «permet d’être à l’écoute des revendications spatiales, dans le cadre d’une vision stratégique qui met en œuvre les outils de la démocratie participative et prend en compte les potentialités territoriales, ce qui est à même de développer une architecture territoriale novatrice, capable de relever les défis du développement et du développement intégré», a-t-elle expliqué.

Mme Bouayach a aussi indiqué que cette rencontre est la première d’un cycle de réflexion que le CNDH entend organiser, afin d’offrir un espace de dialogue ouvert à tous autour de la question du modèle de développement à adopter. Elle a précisé ainsi que le sujet du débat n’est pas la liberté de manifestation et de regroupement, qui est régie par des dispositions constitutionnelles et juridiques et une procédure dédiée, mais plutôt le concept des expressions publiques en tant que nouvelles formes de pratique des libertés publiques, créant de nouveaux outils d’expression autour des politiques publiques.

Ces formes d’expression publique, certes multiples, utilisent toutefois les mêmes outils et moyens de mobilisation, avec pour point commun de partir d’un évènement déterminé (le décès de feu Mohcine Fikri à Al-Hoceima, un sujet relatif au développement comme à Jerada, ou à l’environnement, comme à Zagora, le boycott de produits nationaux sous prétexte de la cherté), a fait remarquer la présidente du CNDH.

Ces expressions publiques, qui naissent dans l’espace virtuel, se transforment ensuite en actions qui mettent en cause les politiques publiques, a-t-elle ajouté, relevant que cette forme émergente de libertés publiques se développe rapidement et met en relief les attentes d’individus ou de groupes de personnes sur les réseaux sociaux pour en faire des réclamations à part entière, ce qui rend nécessaire de mettre en place des mécanismes d’interaction et de dialogue de la part des pouvoirs publics.

Les réseaux sociaux sont devenus une plateforme d’échange, de concertation et de mobilisation et un espace de pratique de la liberté d’expression et des expressions publiques autour de revendications liées aux politiques publiques, a insisté Mme Bouayach.

L’action des pouvoirs publics, notamment dans les espaces périphériques, fait face à de grands défis, avec l’émergence de nouvelles formes d’expression qui paraissent, actuellement, désorganisées, inhabituelles et virtuelles, a-t-elle constaté, ajoutant que ces nouvelles expressions publiques non pas seulement élargi l’espace des libertés mais elles ont aussi permis de surmonter les obstacles qui entravaient les outils traditionnels de mobilisation.